
28 octobre 2005
En voyage, il faut parfois se lever très tôt afin de prendre le train ou l'autobus, et cette journée ne fera pas exception. Je me lève à 4:30 du matin, il fait noir comme sous-terre et je dois me rendre á la gare de train de Kota Baru, cette dernière ville étant située dans le nord-est de la Malaisie.
C'est un trajet en train qui passera à travers de la jungle et le parcours est d’ailleurs appelé la ligne ferroviaire de la jungle. Le coût du billet était de 12 RM (3,75$), pour un départ à 5:50 du matin et une arrivée à 16:00 dans la ville de Jerantut, dans le centre de la Malaisie. Le train se frayera un chemin à travers de petites collines et dans une forêt très dense, où j'apercevrai certains petits villages et de beaux paysages parsemés de différentes sortes de palmiers et d’arbres tropicaux. Dans le train, je me réfugierai dans le wagon-restaurant afin de manger en cachette... car c'est présentement le mois sacré du ramadan en Malaisie et où il est interdit de manger du lever au coucher du soleil. Dans ce pays de plus de 22 millions d’habitants, la religion la plus importante est la religion musulmane et comme la majorité des gens sont musulmans, il faut faire preuve de civisme pendant que ceux-ci jeûnent.
Pendant ce mois de jeûne, les gens doivent s'abstenir de manger, boire, fumer et de goûter au plaisir charnel de l'amour et ce, du lever au coucher du soleil. De ce fait, nombre de restos sont fermés pendant la journée... Mais, comme la Malaisie a une importante population de chinois et d'indiens, je peux fréquenter ces restos afin de ne pas, moi-même, jeûner. Dans les endroits très touristiques, il est toujours possible de trouver un resto qui est ouvert tout au long de la journée... La seule chose que je fais, c'est de respecter les gens qui jeûnent et de ne pas boire ou manger dans la rue devant des gens assoiffés...
Bref, j'arrive sur le coup de 16:00 à Jerantut et je prendrai un autobus pour me rendre á Kuala Tahan, un petit village juste á l'entrée du parc national de Taman Negara et à 45 minutes de Jerantut. Géographiquement parlant, le parc de Taman Negara est situé en plein centre de la Malaisie.
Le parc de Taman Negara est l'apothéose des naturalistes de la Malaisie, ou encore, un excellent endroit pour aller observer la jungle de la Malaisie, où pullulent de nombreux animaux, plantes et insectes. Le parc est une forêt vieille de 130 millions d'années avec une superficie de plus de 4 000 km carrés. C'est un immense parc avec une forêt très, très dense où le bruit des animaux, le soir, est simplement magnifique... Le son des oiseaux, des singes ou autres quadrupèdes nous donne la chair de poule tellement on a l'impression de rentrer dans la maison des animaux, et où on se sent un invité de marque...
Dans le village de Kuala Tahan, je me suis trouvé un petit chalet peint en rose et en forme de hutte, pour 20 RM (6,25$) avec deux petits lits simples, une salle de bain propre et un ventilateur afin de rafraîchir la pièce le soir. Après avoir négocié le prix, je suis aller manger sur le bord de la rivière, cette rivière d'une largeur d'environ 300 mètres, que je devais traverser pour accéder au parc. Les restos du village sont presque tous des restaurants flottants, où on a un peu l'impression d'être assis dans la rivière. Je mangerai avec un couple d'anglais rencontré aux îles Perhentian, quelques jours auparavant. Je dormirai très bien cette nuit-là car le bruit des oiseaux et des singes au loin me servira de berceuse.
29 octobre 2005
En matinée, je traverse la rivière en petite chaloupe et je vais payer ma cotisation au bureau du parc afin d’y accéder. Je ferai, par la suite, une petite ballade avec un groupe de 6 personnes sur plusieurs ponts suspendus (canopy walk), ces ponts étant suspendus à plus de 20 mètres du sol, ou 60 pieds, afin d'apercevoir les animaux. Mais, j'ai l'impression qu'on faisait un peu trop de bruits, car j'ai seulement vu quelques petits oiseaux... Ensuite, je me rends sur le dessus d'une colline afin d'avoir une vue des environs et de la rivière. Pendant la courte ascension, j’apercevrai de nombreux arbres avec des lianes... La couleur de l'eau de la rivière était d’une couleur très foncée, d'une couleur brunâtre en raison du début de la saison des pluies, pas nécessairement la meilleure saison pour visiter le parc, car les pistes pour marcher sont remplies de boues et de sangsues, ces derniers étant prêts à nous sucer le sang... Comme je n'avais pas de bottes, je me suis loué des bottes de jungle, genre de bottes de marche et aussi pour éviter que les sangsues sucent mon sang... Dans l’après-midi, je marcherai avec le même groupe de la matinée et nous avons observé plusieurs singes sautant de branches en branches. Mais, il faut avoir l’oeil car la forêt est très dense et c'est parfois difficile d'apercevoir des animaux... Nous avons vu également de nombreuses fourmis, certaines de tailles immenses (pour des fourmis…), des araignées, des oiseaux, des écureuils, mais malheureusement, pas de serpents... Nous retournerons manger sur le bord de l'eau, sale et ayant sué un bon coup car c'est un endroit très humide...et qui se supporte parfois difficilement...
30 octobre 2005
Ce matin, je pars en bateau avec une famille d'américains et une anglaise et ce, pour aller dormir une nuit dans la jungle afin d’être en mesure d’observer la faune du parc de Taman Negara. La famille d’américains, avec qui j’allais passer mes deux prochains jours, était partie pour faire un voyage à travers le monde pour une période de un an et que j’avais rencontré sur les îles Perhentian, quelques jours auparavant. Le père, la mère et leurs deux garçons de 10 et 12 ans étaient fort sympathiques et avaient l’air de très bien s’entendre. Mais, le plus surprenant dans leur périple de 365 jours était le fait que la grand-mère faisait également parti du voyage. Déjà m’imaginer voyager avec mes parents pendant une année complète, je n’ose même pas imaginer voyager avec ma grand-mère (si bien sur elle était encore vivante…). La grand-mère en question devait avoir environ 70 ans et elle était en excellente forme physique. Trois générations voyageant ensemble pour un voyage de 12 mois (enfants, parents et grand-mère), il faut le faire!!!
Après avoir remonté la rivière en bateau, nous marcherons deux kilomètres dans un sentier plein de boue, nous traverserons quelques petites rivières et nous observerons la végétation très dense de la jungle. Après une bonne heure de marche, nous arriverons vers 14:00 à notre refuge au milieu de la jungle où nous sommes supposés de passer la nuit. Notre refuge était en fait un petit chalet sur pilotis et surélevé d'une trentaine de pieds dans les airs afin de pouvoir apercevoir les animaux au loin... J'avais un lit en dortoir pour 5 RM (1,56$) au refuge du nom de Bumbun Kumbang, où j'avais amené avec moi un matelas mousse et un sac de couchage, car c'est un endroit très rustique et sans flafla… D’ailleurs, il n’y a pas de portes, pas de fenêtres et pas d’électricité à cet endroit… Pour la nuit, nous serons finalement huit personnes dans le refuge: moi, une anglaise, la famille américaine composée de 4 personnes, un étudiant australien et un zoologiste australien. Ce dernier, du nom de Gordon, nous donnera de précieux conseils sur la vie animalière du parc. Ce zoologiste retraité australien en était à son sixième mois d'un voyage de trois ans, afin de parcourir les différents parc nationaux de la planète...
Les animaux observés pendant mes deux jours dans la jungle et à partir du refuge ont été nombreux. Mais, il est important de mentionner que ce parc et la forêt qui la compose est très dense, alors ce n'est pas comme la brousse africaine où c'est plus facile de voir des animaux. J’ai eu la chance d’apercevoir de nombreux singes, des cochons sauvages (les sangliers d'Obélix), des boeufs d'eau et des chevreuils. Mais, j’étais surtout venu pour voir un animal en particulier. Cet animal a la grosseur d'un ours, est de couleur noire avec un derrière blanc, a une bouche en forme de trompette et il mange des fourmis et des végétaux. Le nom de cet animal est un tapir. Et bien, nous avons aperçu une tribu de tapirs (5 ou 6 tapirs), ce que peu de touristes ont la chance de voir. Ces tapirs sont venus boire un coup à une petite rivière (une plutôt une flaque d’eau) juste en face de mon refuge et ce, à la tombée de la nuit. Alors, j’ai pu voir ces animaux à l'aide d'une lampe de poche immense que Gordon avait apporté avec lui. Très beau moment en soirée où ces tapirs ont passé une bonne heure à boire par tellement loin de moi…
Cela valait vraiment la peine de coucher dans la jungle et d'entendre les hululements des hiboux, le cri des singes, des tapirs et des oiseaux. C’était facile d’entendre le bruit de tous ces animaux car le refuge n'avait pas de fenêtres, ni de portes, donc à aire ouverte. De ce fait, on a eu la visite de deux rats qui voulaient manger mes biscuits, mais que j'ai vu juste à temps ou plutôt que Fiona a vu juste à temps... Elle m’a réveillé à l’aide d’un coup de coude et j’ai alors allumé ma lampe de poche et évidemment, elle a poussé un cri car elle était effrayée de la présence des rats. En regardant attentivement, j’ai alors vu deux immenses queues dépassées du deuxième étage de mon lit superposé, endroit où j’avais laissé mes biscuits au chocolat. Je me suis alors levé du lit et j’ai fait déguerpir ces deux intrus car mes biscuits au chocolat n'auraient pas fait long feu contre eux... Comme je disais, que ce soit pendant le jour ou la nuit, c'est fascinant d'entendre le bruit de toutes ces animaux même si, la plupart du temps, on ne les voit pas du tout car la jungle est très épaisse et dense... Évidemment, le bruit des rats n’est pas une chose intéressante à entendre. Je suis certain que mon frère, Jean-Benoit, aurait adoré car c'est un peu comme aller à la chasse et de s'installer dans une cache à attendre les animaux se pointer le bout du nez... La seule différence est qu'on ne tue pas les animaux, ici, mais on les observe dans leur habitat naturel... Dans la jungle et dans ce parc en particulier, il y a aussi des éléphants et des tigres, mais ça fait des années que personne n'en a vu... Il y a aussi des aborigènes dans la forêt qui y vivent en permanence et qui sont plus faciles à rencontrer que les tigres, qui sont en voie d’extinction un peu partout en Asie.
31 octobre 2005
Je passerai la matinée à attendre les animaux se pointer le bout du nez, mais je ne verrai rien du tout... Les animaux se cachaient ce matin. Vers la fin de l’avant-midi, nous sommes partis à pied afin de retourner à l’entrée du parc. Nous avions décidé de retourner à pied et de marcher les 10 kilomètres nous séparant de l’entrée du parc. Nous avions estimé que ça nous prendrait environ 5 heures pour couvrir cette distance dans la jungle car la végétation est très dense et le sol très humide. Mais, comme il avait plu pendant toute la nuit précédente, nous avons décidé de retourner en bateau. Mais, il fallait quand même marcher pendant environ une heure afin de retrouver la rivière. Nous avons tenté de retourner à pied mais nous nous sommes trompés de chemin et nous nous sommes. Nous avons cherché notre chemin pendant plus de 45 minutes. Il n’est jamais facile de retrouver son chemin dans la jungle, où la végétation est dense, il fait chaud, tous les arbres se ressemblent et où il n’y a pas de clairières pour se donner un point de reconnaissance. Après avoir réalisé que nous allions dans la mauvaise direction, un petit vent de panique s’est emparé de nous. Mais, à la gang que nous étions, nous avons décidé de retourner sur nos pas et de retourner dans la direction de notre refuge. Ouf! Nous avons pu retrouver notre refuge et nous avons, par la suite, été en mesure de retracer le chemin menant à la rivière. Nous étions très contents de retrouver la civilisation et après le trajet en bateau. C'était une bonne idée de revenir en bateau car il y a eu de très grosses averses une bonne partie de l'après-midi. À kuala Tahan, je changerai d'hôtel et j'aurai un lit en dortoir, avec air climatisé, pour 15 RM (4,69$). Un endroit super où le tarif est habituellement trois fois plus cher en haute saison... Je ferai laver mon linge qui était archi sale, qui puait et qui était trempé... Pour terminer mon séjour dans le parc national de Taman Negara, je mangerai en compagnie de mes nouveaux amis un excellent souper dans un restaurant flottant.
1er novembre 2005
Je prends l’autobus local (une chaloupe en bois, avec un moteur et un toit de tôle) pour descendre la rivière et retourner dans la ville de Jerantut. Pendant la descente de la rivière, certaines personnes seront assises sur des sacs de riz car il n’y avait pas de banc en bois pour tout le monde. Le trajet en bateau sera de deux heures où je verrai de superbes paysages de palmiers, d'arbres entourés de lianes et de bœufs étanchant leur soif en buvant l’eau de la rivière...Après avoir attrapé un léger coup de soleil sur les bras et le cou (car le soleil était très fort sur l’eau), je prends un autobus pour un retour dans la ville de Jerantut... J'y passerai la nuit avant ma prochaine destination, nom de l’hôtel.
2 novembre 2005
Le train attendu aura une heure de retard et je quitterai Jerantut, vers 10:00 du matin, à destination de Singapour, sur la pointe au sud de la Malaisie. Singapour est un minuscule pays de 4 millions d’habitants où le niveau de vie se compare au Canada ou á l’Europe, où tout est bien organisé, tout est simple et pas compliqué, avec un excellent transport en commun. J’ai passé la douane sans problème et je m’installerai dans le quartier indien de Singapour. J’aurai un lit en dortoir avec air climatisé pour 18 S$ (soit environ 14$ Can) avec un déjeuner compris et un certain accès à Internet gratuit. Une très belle auberge de jeunesse et très bien organisée. En soirée, je mangerai, dans un petit resto indien, de la cuisine végétarienne avec l’aide de mes mains.
Pierre-Marc ayant passé une nuit dans la jungle de la Malaisie à regarder des tapirs, un animal fascinant.
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